«
Né en 1958, peu bavard mais les yeux et les oreilles grands ouverts,
j’eu la chance de côtoyer au côté de mon père
les plus vieux ateliers de Raspail, Notre Dame des Champs, Madame Ducaire
puis… Les puces de Montreuil et de Clignancourt dès six
heures du matin, tous les week-ends et pendant quinze ans ! Toujours
avec mon regard d’enfant solitaire et passionné. Avec
du recul, j’ai beaucoup aimé cette période où,
déjà dans ma tête, j’échafaudais un
univers étonnant. Puis
j’ai lutté, lutté… pour ne pas peindre !
Alors, j’ai restauré des pièces anciennes, j’ai
brocanté, j’ai obtenu mes diplômes de souffleur de
verre, je suis devenu styliste, j’ai monté ma petite entreprise…
Huit ans de théâtre, quatre ans de chant lyrique, beaucoup
d’écriture et un amour pour l’objet religieux, digne
d’un curé de campagne et… A 30 ans, j’ai implosé
!
Une véritable mutation. La serre dans laquelle je vivais s’est
écroulée. Quand j’y pense, aujourd’hui, c’est
extraordinaire ! Du jour au lendemain, je me suis mis à peindre
comme un fou. Comme si ma vie en dépendait. Une thérapie
qui changera ma vie radicalement.Je
me suis mis à m’exprimer comme un humain. Mon instinct
de possession à disparu et des personnes ont commencé
à naître : J’ai peint et sculpté des humains
comme s’il s’agissait d’une résurrection. C’est
là que les premiers Walaques sont apparus.
Parallèlement à ma démarche d’artiste peintre,
je me suis aperçu que mon travail de sculpteur était celui
d’un archéologue. Progressivement, la terre a fait surgir
une multitude de têtes, de corps et d’objets visuels. Des
noms, des titres honorifiques, des contes et légendes sont nés.
Un parcours au fil duquel la vie sociale, les mœurs, la cuisine,
les passions walaques étaient étudiées. Tout était
de l’ordre du possible avec l’esprit walaque et le passeport
walaque… Cet énorme projet a gagné en importance
d’année en année. J’étais devenu l’ambassadeur
d’un pays sans terre où l’humanisme et la sagesse
des siècles passés auraient agit positivement. La Walaquie
fut un prétexte au rêve et, en regardant de plus près,
cela ne ressemblait en rien à une utopie. Simplement, le côté
visionnaire pouvait surprendre. Aujourd’hui, la planète
« Kih » avec en son sein les « Koih » fait renaître
l’espoir d’un imaginaire toujours en effervescence et qui
se nourrit de l’écoute et de l’observation des autres.
»